
Savez-vous que l’excès de poids a des répercussions non négligeables sur l’organisme des chiens et des chats ? On fait le point dans cet e-mag.
Même si le surpoids et l’obésité engendrent des désagréments mécaniques qui affectent de façon notable la qualité de vie, il ne s’agit pas uniquement d’affections de stockage. En effet, les adipocytes (les cellules graisseuses qui se multiplient et/ou grossissent lors de prise de poids) produisent des hormones, comme la leptine et la résistine, ainsi que des cytokines inflammatoires. Les désordres métaboliques ou l’état inflammatoire (qui peut être chronique et généralisé) viennent s’ajouter au surplus de masse graisseuse et pourraient expliquer la diminution de l’espérance de vie de 2 ans et demi en moyenne chez le chien. Les chercheurs ont ainsi pu mettre en évidence un lien entre l’obésité et l’apparition de certains troubles et affections, tels que :
Des troubles orthopédiques :
- L’arthrose, caractérisée par la dégénérescence du cartilage articulaire, entraine des douleurs et des difficultés à se déplacer. Les lésions, une fois installées, sont irréversibles et évoluent de façon irréversible.
- Le risque de rupture des ligaments croisés, de dysplasie (de la hanche notamment) ou encore de fracture, est augmenté en cas de surplus de poids.
Des troubles endocriniens et métaboliques :
- La résistance à l’insuline (l’hormone qui entraine une baisse du glucose dans le sang) est une des conséquences les plus connues et étudiées. Dans ce cas, les récepteurs à l’insuline sont déficients voire inactifs, et ce malgré une augmentation de la sécrétion de l’hormone en question. C’est ce que l’on appelle le diabète de type II, “insulino-résistant” ou encore “non insulino-dépendant”. Il touche particulièrement les chats.
- Chez le chat en surpoids ou obèse qui refuse de s’alimenter (suite à un stress ou une maladie par exemple), les graisses mobilisées viennent s’accumuler dans le foie et endommagent ses cellules. C’est la lipidose hépatique.
Des maladies cardiovasculaires et respiratoires :
- Outre l’intolérance à l’exercice et à la chaleur (lié à un manque d’oxygénation des tissus – notamment du cœur), l’obésité est un facteur de risque important dans l’apparition du collapsus trachéal chez le chien de petite race. Elle entretient et aggrave la paralysie du larynx ou encore le syndrome brachycéphale (qui touche les animaux à face “plate” : le Bouledogue, le Carlin, le Shih-Tzu ou encore le Persan par exemple).
- L’excès de poids peut augmenter le risque d’hypertension.
Des désordres urogénitaux :
- Les animaux obèses ont plus de risque de souffrir d’incontinence et de calculs urinaires.
- Des lésions irréversibles au niveau des reins peuvent survenir suite à une modification des paramètres sanguins.
- Les dystocies (mise-bas – accouchement – difficile, nécessitant l’intervention du vétérinaire) sont plus fréquentes.
Des affections dermatologiques :
- Les animaux obèses sont forcément moins souples. Par conséquent, il devient difficile pour eux de procéder à une toilette efficace. De plus, le risque d’apparition de pellicules, d’excès de sébum (peau et pelage gras) ainsi que de perte de poils est augmenté.
Des troubles digestifs :
- Le surplus de masse graisseuse, ainsi que la baisse d’activité physique qui en découle, induit un ralentissement du transit et donc une augmentation du risque de constipation.
- Des dérives du microbiote intestinal (la flore digestive) sont souvent présentes chez les animaux en surpoids ou obèses.
Certaines études suggèrent également que l’état inflammatoire associé à l’obésité pourrait prédisposer au développement de certains cancers. Enfin, le risque anesthésique et médicamenteux est augmenté, puisque la vitesse d’élimination des molécules est alors modifiée.
Si votre animal de compagnie est en surpoids, parlez-en à votre vétérinaire. Il est le plus qualifié pour discuter avec vous d’un programme de perte de poids pour votre compagnon.
Sources:
- Le problème croissant de l’obésité chez les chiens et les chats : cette revue de littérature aborde les différentes techniques de quantification du tissu adipeux chez l’animal, les différentes causes de l’obésité, les maladies associées à celle-ci, ainsi que sa prise en charge.
- Endocrinologie de l’obésité : cette revue de littérature reprend les différents rôles du système endocrinien et les modifications de celui-ci lors d’obésité chez l’homme, le chien et le chat.
- Obésité chez le chien et le chat : un trouble métabolique et endocrinien : cette revue de littérature fait part de l’importance du tissu adipeux dans le métabolisme normal, et en particulier dans l’appétit, la balance énergétique, et le métabolisme du glucose et des graisses.
- Comprendre et gérer l’obésité chez les chiens et les chats : cette revue de littérature reprend les risques associés à l’obésité chez les chiens et les chats ainsi que les différentes causes de cette maladie. L’auteure donne également quelques clés aux vétérinaires pour la diagnostiquer et la gérer au mieux (aussi bien d’un point de vue nutritionnel, que d’un point de vue relationnel avec le propriétaire). Enfin, elle aborde le côté prévention de cette maladie trop souvent rencontrée.
- Effets de la restriction alimentaire sur la durée de vie et les changements liés à l’âge chez les chiens : cette étude menée sur 48 Labradors Retrievers a permis d’évaluer les effets d’une restriction alimentaire sur la durée de vie des chiens et sur les marqueurs du vieillissement (notamment l’apparition de signes de maladie chronique).



