Il existe chez le chat une affection du bas appareil urinaire – vessie et urètre – particulièrement complexe, ce qui lui a valu le nom de cystite idiopathique féline. Le terme idiopathique sanctionnait durant des années l’absence de cause identifiable ou pour le moins identifiée !
Cette affection touchant de nombreux chats – peut-être un sur cinquante durant sa vie – en particulier dans un environnement citadin, des vétérinaires spécialistes se sont penchés sur les mécanismes conduisant à ces troubles parfois sévères. C’est ainsi que depuis une bonne vingtaine d’année, une composante émotionnelle a été identifiée, à l’instar de la cystite interstitielle humaine.
Les recherches sur des cohortes de chats sujets à ces troubles ont en particulier montré que ces individus ne parvenaient pas à gérer des situations émotionnellement stressantes. Une des hypothèses est que durant la gestation, un très fort stress a été imposé à la mère ce qui a impacté le développement du fœtus par un système de rétro-contrôle complexe mis en action par l’organisme maternel pour se rééquilibrer.
Lors du développement du jeune, indépendant éventuellement de ce qui précède, le chaton peut être exposé à des évènements défavorables qui vont induire des déséquilibres émotionnels, rendant l’individu plus sensible tout au cours de sa vie.
Quoi qu’il en soit, ces individus ont plus de mal à gérer une situation anormale : il s’ensuit des troubles plus ou moins sévères, plus ou moins marqués. Parmi ceux-ci, des troubles digestifs tels que vomissements, régurgitations ou selles molles, des troubles cutanés, respiratoires ou cardiaques qu’il est difficile aux propriétaires de relier à une cause extérieure et qui sont souvent peu inquiétants. Les troubles urinaires sont plus dramatiques, le chat pouvant uriner hors de sa litière (il relie son inconfort urinaire à son lieu d’élimination et donc l’évite !) ou dans les cas les plus sévères former des bouchons muqueux pouvant obstruer ses voies urinaires. Il s’agit là d’une situation d’urgence qui nécessite une intervention par le vétérinaire.
Et un cercle vicieux se met en place : l’inconfort urinaire devient à son tour une cause d’instabilité émotionnelle…qui retentit sur le bas appareil urinaire !
Est-ce que la cystite idiopathique tient son origine dans la tête ? la réponse est oui, notamment. C’est en effet bien tout l’organisme qui est touché par cette entité complexe impliquant l’équilibre émotionnel et sa régulation mal maitrisée. Cela lui a valu d’être appelée « syndrome de Pandore » tant nos chats sont victimes de tous les maux enfermés dans la célèbre boite que Pandore a ouverte. Il est resté dans l’urne l’espérance, celle que nous comprenions de mieux en mieux la complexité du comportement de chat et que nous puissions leur proposer un environnement apaisant.
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